A l’époque (1995), les Flaming Lips n’étaient pas encore le groupe reconnu qu’il est aujourd’hui. Tout juste étaient-ils reconnus de manière confidentielle (merci “She don’t use Jelly”). Mais à l’époque, Wayne Coyne savait déjà très distinctement là ou il voulait aller. Quitter la musique noisy pour atteindre un style unique fait de bidouillages, de mélodies en apesanteur et de textes barrés vaguement babacool, soit une incarnation très réussie de prog pop psyché.
D’où cet album, à la croisée du passé bruitiste du groupe et des divaguations planantes des albums suivants, sorte de matrice du merveilleux The Soft Bulletin.
On y retrouve donc ce sens de la mélodie à tiroir qui fait mouche, des paroles bien barrées (faut oser appeler ses chansons “Psychiatric Explorations of the Fetus With Needles” ou “Guy Who Got a Headache and Accidentally Saves the World”) et un sens de l’orchestration limite je m’en foutiste mais en fait super travaillé. Sauf qu’en lieu et place des mellotrons et autres synthés utilisés par la suite, nous avons droit à des pianos faméliques et des guitares, acoustiques parfois, en son clair de temps en temps, mais saturées le plus souvent :)
Personnellement, c’est l’album qui m’a fait découvrir ce groupe, et je le porte dans mon coeur depuis cette date. Un grand disque. La preuve avec Lightning Strikes The Postman, extrait du jour.

En ces temps de grisaille et de froid qui s’annonce, rien de tel qu’un bon vieux disque de pop ensoleillée. C’est ce que nous propose les Ruby Suns, originaires de Nouvelle Zelande, sur ce premier album paru en 2007.