9/26/2005
Dernier chapitre.
Après l’échec public de C’Mon Kids, les Boo décident de recentrer le débat. Kingsize apparait comme le disque de la dernière chance. Avec l’energie du désespoir, Martin Carr nous fait un résumé de tout ce qu’il sait faire en matière de pop haut standing : pop multivitaminée (”Free Huey”), pop sixties tous cuivres dehors (”The Old Newstand…”, “Comb your hair”), pop grand orchestre (le référenciel “Jimmy Webb is God”, le poignant “Song from the Blueroom”), et bien sur les Boo Radleyseries millésimées (”Kingsize”, “Blue room in archway”, “High as monkeys”, “She is everywhere” et le top moumoute “Heaven’s at the bottom of this glass”…).
Au final, nous avons un album de pop intelligente, bourrée ras la gueule de mélodies enchanteresses et d’arrangements au cordeau, loin des débordements et des audaces du précédent opus (quoique “High as monkeys” et “Blue room in archway”…), mais bien plus cohérent � l’écoute. Encore un grand disque (je sais, je suis pas tellement objectif quand je parle des Boo), gaché par une pochette d’une laideur absolue.
Malgrè un dernier titre volontairement optimiste (”The future is now”, groovy � souhait), les ventes furent encore plus catastrophiques que le précédent. Les Boo décident alors de se séparer � l’amiable (pas de friction chez ces gens l� , trop intelligents pour ç� ), avant même de pouvoir défendre l’album sur scène. Martin continue sa carrière solo, loin des médias, les autres ont disparus corps et ames. Un beau gâchis.
Quels morceaux vous faire écouter??? Je dois dire que je ne sais pas lequel choisir, tant l’album est bon. Je choisis de vous faire découvrir “The old newstand at hamilton square”, terriblement late sixties lorgnant vers la Stax ou la Motown, ainsi que “High as monkeys”, la quintessence de ce que les Boo pouvait proposer en terme de pop “positive” et “Song from the blueroom”, une de mes ballades préférées de tous les temps.
The old newstand at hamilton square
High as monkeys
Song from the blueroom
Acheter ce disque d’occaz’
9/21/2005
Après la parenthèse pop calibrée que constituait Wake Up, où Martin Carr avait prouvé à tout le monde qu’il était capable de faire de “vraies chansons” couplet-refrain, le Boo reviennent aux affaires sérieuses en 1996 avec C’Mon Kids.
Autant le dire tout de suite, ce disque est vraisemblablement le plus barré du groupe, mais aussi le plus audacieux. Les louanges que récolteront Radiohead l’année suivante avec OK Computer auraient dû etre portées au crédit des 4 de Liverpool un an plus tôt. Car ce C’Mon Kids ouvrent des voies que peu de groupes suivront par la suite : un mélange improbable de noisy, de pop, de rock, mais aussi de dub electro, de reggae, de collages, le tout dans un maelstrom refusant tout compromis.
Celà s’ouvre sur un C’Mon Kids rageur, mélodie en bandouliere et guitares monstrueuses en avant, ou la voix de Sice, saturée, hurle sans qu’on l’entende vraiment. Pour avoir vu le groupe sur scène à l’époque, je peux vous dire que ce morceau, placé en ouverture de cncert, était tout bonnement énorme.
On poursuit avec un Meltin’s Worm, chanson efrayante avec voix ralenties, pistes erratiques et ruptures de tons. Melodies for the deaf, très groovy (encore un genre de reggae blanc), est lardés de guitares et semble aussi composé de plusieurs chansons tellement les idées fuzz. Get on the bus poursuit sur le meme chemin tortueux, avant que survienne une ballade pop imparable nommée Everything is sorrow. Bullfrog green, sous ses allures de morceau gentiment sautillant, vire en son milieu en genre de Beasties Boys meets Hendrix, pour se terminer en ballade Beatlelesque.
Wha’st in the box? reprend les choses là ou C’Mon Kids les avaient laissé : grosse mélodie, gros son, gros bordel. Four Saints quant à elle ne ressemble à rien de répertorié. Arrive ensuite New Brigthon Promenade, le titre le plus “anglais”, genre de ballade très 70’s, avec guitares acoustiques, piano et voix celestes. Une pause salutaire après le déluge sonore précédent. Mais Martin ne peut s’empeché de balancer une grosse guitare fuzz en plein milieu, pour mieux retomber sur ses pieds ensuite. Fortunate Sons n’aurait pas dépareillé sur un album de Primal Scream. Shelter, en parenthèse de 2 minutes, ressemble à un collage comme en réalisait les Smashing n face B, mais avec une vraie mélodie. Arrive enfin la meilleure chanson d’Oasis à ce jour, la bien nommée Ride the tiger, ballade psyché à la mélodie et aux arrangements subtils qui préfigure ce que sera l’album suivant. Le disque se termine par One last hurrah, une fin d’album à la Beatles psyché, avec son lot de guitares inversées et sons bizzaroides.
Cet album décontenancera pas mal de fans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le “grand public” ne suivra pas. Il faut se rappeler qu’à l’époque, Creation avait d’autres préoccupations que la promo de cet ovni : vendre le nouveau Oasis… Du coup, cet album marquera le début de la fin du groupe. Il est urgent de redécouvrir cet album.
C’Mon Kids
Everything is sorrow
Acheter ce disque d’occaz’
9/2/2005
Après le succès critique de Giant Steps, les Boo se savent attendus au tournant. Martin Carr se retrouve alors dans la difficile position de devoir répondre � la question :” Comment faire mieux et plus?”. En petit malin, il choisit une esquive en répondant “Ne faisons pas mieux, ni plus. Faisons différent”.
Ce “différent” est donc “Wake Up!“, l’album le plus ouvertement classic-pop du groupe. Martin dira d’ailleurs qu’il s’agit paradoxalement de son album le plus expérimental, car il a essayé par tous les moyens de faire des “tubes”.
Et c’est vrai que cet album est de loin le plus accessible (les accents noisy sont minimes hormis quelques solis, la prod est hyper léchée), le plus gai et le plus immediat du groupe, même si certaines plages ne peuvent s’empecher de partir un peu en sucette (Joel, ou Martin Doom notamment). Mais comment résister � la pop ensoleillée gorgée de trompettes de Wake Up Boo!, It’s Lulu ou Find the answer within? Comment ne pas etre pris aux tripes par la montée de 4AM Conversation, ou par la délicatesse de Reaching Out From Here? Comment ne pas ressentir de l’emotion devant le joyau que constitue Wilder, morceau de clôture avec clin d’oeil Beach Boysien en coda?
Sorti en pleine période Britpop (en 1995, soit un an � peine après Giant Steps), cet album sera le sommet - commercialement parlant - de la carrière des Boo. On aura même droit � la diffusion du clip de Wake Up Boo! sur M6 :)
Après ç� , les Boo pourront retourner � leur occupation favorite : foutre le bordel sonique dans des mélodies 24 carats… mais on verra ç� la prochaine fois ;)
Je vous propose deux extraits différents. Tout d’abord le single Wake Up Boo !, ne serait ce que pour que vous ayez ce titre sur votre ordi et pouvoir le ressortir un jour de déprime :) . Ensuite Reaching Out From Here, ballade acoustique qui coule toute seule,en clin d’oeil � l’un des lecteurs de ce blog (coucou Greg ;) ).
Wake Up Boo!
Reaching Out From Here
Ah… et pis la pochette est chouette non? ;)
Bonne écoute !!
Acheter ce disque d’occaz’