5/26/2005
On continue dans l’exploration des années dorées de la pop avec un album encore moins connu que celui des Zombies ;) …
Et doré est le mot concernant ce petit bijou de Sunshine pop qu’est Present Tense, le premier des deux albums de Sagittarius. Mais qui se cache derière ce nom ? En fait, Sagittarius est le projet de deux hommes : le chanteur de pop californienne Curt Boetcher, et le producteur à succès Gary Usher, qui avait bossé avec les Byrds, les Beach Boys et j’en passe. De leur rencontre nait ce disque flamboyant, parfait précis de la pop californienne de 1968 : mélodies imparables, arrangements somptueux, refrains accrocheurs, mélancolie latente mêlée à un certaine naïveté. Tout est bon pour captiver l’auditeur, que ce soit les choeurs angéliques ou l’instrumentation baroque teintée de psychédélisme.
Le disque ne rencontra pas vraiment de succès. Après 30 ans, Sundazed nous gratifie d’une réédition formidable. En plus de l’album, 9 inedits / demos et un livret retracant l’histoire de ce disque.
Trois extraits de cette merveille :
My world felt down :
le single de l’époque.
Une épopée beach boysienne en technicolor.
The truth is not real :
ballade sombre très psyché, dominée par un orgue menacant.
Air a dû écouter ce titre…
Lonely girl :
un titre inedit, titre pop par excellence qui ne ferait pas tache sur un disque des Boo Radleys.
Acheter le cd (version Sundazed)
5/23/2005
De l’âge d’or de la pop, soit de 66 à 70, l’histoire a retenu quelques noms : les indétronables Beatles et Beach Boys bien sûr, les Kinks, les Byrds, le premier Floyd…
Pourtant, les Zombies sortent en 1968, dans l’indifférence générale, un album pouvant rivaliser avec les plus grands albums de l’époque, que ce soit au niveau de la richesse sonore, de la qualité mélodique et de l’invention formelle. Cet album, c’est Odessey and Oracle, dont on ne connait généralement que le titre Time of the season, classique intemporel avec sa basse façon Stand by me, son claquement de main, sa voix rythmique (les Beatles on du entendre cette chanson avant de faire Come together…) et ses choeurs angéliques. Seulement voilà , Odessey and Oracle, c’est 12 titres du même niveau, 12 petits bijoux dorés à l’or fin, 12 chansons précieuses et intelligentes, ou le classicisme apparent des compositions cachent en fait des progressions d’accords assez inattendues, et ou les harmonies vocales egalent sans peine les prestations des Beach Boys.
Le manque de moyens (l’album a été enregistré à Abbey Road par le groupe lui meme, sans producteur et en un temps record pour une somme ridicule) est compensé par une qualité d’écriture et une originalité de son tout bonnement magnifiques. Ainsi, le groupe n’ayant pas les moyens de se payer un orchestre, utilise le mellotron de façon systématique, donnant une couleur unique à leurs compositions. Anecdote amusante, l’orthographe approximative du titre est dû à une erreur du graphiste. Les Zombies ne purent faire refaire la pochette, n’ayant plus d’argent… Et quand l’Amerique plebiscita enfin le titreTime of the season en le placant en haut des charts, les Zombies etaient déjà séparés…
Réédité en cd dans plusieurs configurations (avec des inedits, ou en double version stereo/mono) , il est maintenant possible de réécrire les livres d’histoire et replacer cet album à sa place : entre Pet Sounds et Revolver.
A rose for Emily : ballade nostalgique dominée par un piano et la voix chaude de Colin, vite épaulée par des choeurs fabuleux.
I want her she wants me : pop song enjouée sur la ” joie de l’amour” (on est en 68 :) ) avec basse melodique en diable, clavecin staccato et, bien sur, choeurs en contrepoint.
5/18/2005
World Party est en fait l’affaire d’un seul homme ou presque : Karl Wallinger, ex claviers chez les Waterboys.
Ce musicien multi instrumentiste est plutot du genre pas pressé : “Private revolution“, son premier lp enregistré dans sa cuisine ,est sorti en 1987. “Dumbing Up“, son 5eme et dernier album est sorti en 2000.
Amoureux du songwriting à l’ancienne, la pop des Beatles (il aurait réenregistré l’intégralité du “Double Blanc”, et a parsemé ses faces B de covers plus vraies que nature), le folk de Dylan, mais aussi le rock d’Hendrix et la soul / funk de Prince dont il partage avec ce dernier le coté touche à tout (”written, recorded and produced by…), la musique de World Party est à la croisée de ces influences.
Niveau texte, on peut noter un coté écolo qui colle bien à l’esprit “champetre” de la musique.
Il a signé un tube… mais qui a été popularisé par un autre ! En effet, le titre “She’s the One” chanté par Robbie Williams est tiré de “Egyptology”, le 4eme lp de World Party.
Voilà , pas grand chose à rajouter à part vous inviter à découvrir sa discographie, d’autant qu’on trouve les albums pas chers en occas’.
En ecoute, deux titres. Le premier titre, “All i gave”, est sucrerie estivale tirée de “Bang!” (3eme lp) qui met de bonne humeur. Le second, “Thank you world”, est le morceau de cloture de “Goodbye Jumbo“, deuxieme album que je recommande chaudement car etant la meilleure entrée possible à World Party.
All I Gave
Thank You World
5/16/2005
Ce deuxième album de Mansun a tout du disque casse-gueule : noyé sous les références les plus diverses (tv, litterature, cinema, philosophie), textes vonlontairement cryptés, concept album auquel on ne pige que dalle, morceaux à rallonge ( la moitié des titres dépassent les 6 minutes) et enchainés, surproduit… bref, un disque artistiquement prétentieux qui rappelle les meilleures (les pires?) heures du rock progressif et du psychedelisme . Un disque à faire fuir les gens “de bon gout”.
Pourtant, ce disque est, au final, un des meilleurs albums “pop rock” des 90’s, et surement l’un des plus intéressant/intriguant ovni qui soit. On trouve dans ces 12 titres des mélodies qui pourraient remplir 4 ou 5 albums différents. Les Mansun font preuve d’ idées de productions inouîes au sens litteral du terme, sautant du coq à l’ane en plein milieu d’un morceau, parfois 5 ou 6 fois dans le meme morceau, avec un sens du mix et de l’enchainement qui laisse pantois. Et en restant toujours mélodique.
Dominic Chad, le guitariste, nous sort des sons de l’espace, jouant avec tous les effets possibles à sa disposition, sans que celà nuise aux morceaux ni à la fluidité de l’ensemble. On croise aussi bien des boucles electroniques, des samples, mais avec un du feeling live qui envoie le maximum d’energie aux morceaux. Paul Draper le chanteur, n’hesite pas à mettre sa voix en danger, sur des textes ne laissant peu de doute sur sa santé mentale et sa vision de la vie. Il n’y a qu’à voir les titres des chansons : Negative, Shotgun, Anti Everything, Fall Out, Cancer… Au milieu de phrases du genre “Life it’s a compromise anyway and its a shame that i accept it all” ou ” I was emotionnaly raped by Jesus”, Paul evoque le taoisme, Sade, Kubrick, CBS News, Dr who ou le Prisonnier, dans des textes obscurs ou l’imagerie et l’imaginaire se confrontent à une certaine rage punk. (note : ne pas oublier de scruter la pochette du disque pour avoir quelques clefs de lecture).
Difficile d’accès au premier abord (on ne sait jamais ou la musique veut en venir), ce disque dévoile ses secrets au fil du temps. Le tout est de franchir le pas d’une premiere écoute qui paraitra brouillonne à plus d’un auditeur.
Tout aussi recommandable : The Attack of The Grey Lantern, premier album assez (trop?) vite classé dans la vague britpop, alors que Mansun fait preuve déjà de beaucoup d’originalité par rapport à ses supposés confreres. Un cran au dessous, Little Kix est une succession de titres pop un peu moins originaux mais efficaces. Et pour les fans purs et durs, le coffret Kleptomania est un must, regroupant chutes de studio avant la separation du groupe, faces b et inédits dans un coffret luxueux.
Six
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5/10/2005

Hop !
Aujourd’hui sort le nouveau Weezer, intitulé Make Believe. Bonne occasion de parler de mon Weezer préféré, mon petit chouchou à moi, le mal aimé et mal connu Pinkerton.
Mais avant celà , petit retour en arrière. Weezer apparait en 1994 avec sous le bras un premier album plutot bien foutu, le nommé Blue Album (à ne pas confondre avec le Green Album qu sortira en 2001). 35 minutes de musique faisant la synthese de la pop, du rock du garage et du punk, un concentré de fun et de mélodies accrocheuses, de gros powerchords transpercés de solis aussi courts qu’efficaces, avec une production lechée (le disque est produit par Mr The Cars himself, le grand Ric Ocasek). Deux des trois singles seront, à defaut de hit planétaires, de vrais hymnes college rock : Buddy Holly - clippé par Spike Jonze dans un hommage à Happy Days- et Undone (The Sweather Song).
Pinkerton sort en 1996 et se présente d’emblée comme l’antithèse du Blue Album. Non pas que la musique soit radicalement différente (on a toujours affaire à du rock melodique), mais le ton général a changé. Beaucoup plus introspectif, cet album laisse poindre les doutes de Rivers Cuomo, leader mal dans sa peau, avec des paroles noires à peine égayées par une ironie désabusée. Cette noirceur se traduit au niveau production par un son plus rude, beaucoup moins léché, presque brouillon. Pourtant la prod est assurée par Joseph Jack Puig (croisé sur les disques de Jellyfish notamment) et Dave Fridmann (Mercury Rev, Flaming Lips). Musicalement, cet album renferme peut etre les plus belles melodies de Weezer. Chaque titre est d’une maitrise totale dans le songwriting. De l’intro en larsen de Tired of Sex (desabusé et rageur à la fois) jusqu’aux derniers accords acoustiques de Butterfly, on est emporté sur chaque morceau.
Cet album sera celui qui marchera le moins. Dégouté du relatif bide rencontré par son album le plus personnel, Rivers Cuomo mettra 5 ans à revenir sur le devant de la scene, produisant des albums toujours très bons, mais à mon avis moins bons que celui ci. Que vous aimiez la puissance du rock, les melodies pop ou le désarroi “emo”, ce disque est pour vous.
Deux titres de cet album : le puissant Tired of sex en version album, et le single El Scorcho en version live (tiré du EP à tirage limité The Lion And The Witch)
Tired of Sex
El Scorcho
Ecouter le dernier Weezer online
La caverne d’ali baba mp3
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5/6/2005

Au milieu des 90’s, une bande de joyeux allumés du ciboulot en provenance d’Athens, Georgie, décident de monter Elephant Six, un label bien décidé à faire revivre une certaine idée de la pop psyché sixties et reprendre là ou l’avaient laissé Brian Wilson, Mac Cartney, Lennon et Syd Barrett en 1966. Les albums sont enregistrés dans les chambres ou les caves, sur 4 pistes la plupart du temps, et possedent des artwork délirants.
De ce label, d’ou sont issus des groupes comme Beulah, Apples In Stereo ou Neutral Milk Hotel, on retiendra surtout Olivia Tremor Control, groupe éphémère qui sortira 2 albums absolument indispensables que sont Dusk At Cubic Castle et Black Foliage. Deux albums qui possédent à la fois le coté purement pop des mélodies fraiches et entrainantes mais aussi le coté expérimentation des disques comme Revolver, Piper at the gate of dawn ou Smiley Smile.
L’année dernière est sorti l’album Satanic Panic in the Attic de Of Montreal, groupe affilié à Elephant Six. Un disque à la fois banal dans le sens ou l’on y entend rien de neuf (on navigue dans la pop psyché 60’s californienne), mais absolument incontournable par l’evidence des mélodies, la bonne humeur qui s’en dégage et les petits “trucs” qui font que le disque sort du lot : ici une basse, là un enchainement d’accord, ailleurs des choeurs rêveurs.
Je vous propose d’écouter le gentiment bordelique California Demise des Olivia Tremor Control tiré de leur deuxieme album Black Foliage, ainsi que Lysergic Bliss de Of Montreal, popsong à tiroir.
OTC - California Demise
Of Montreal - Lysergic Bliss
Vous trouverez un nombre incalculable de mp3 sur les sites Elephant Six et OfMontreal
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5/2/2005
Avec le soleil de ce week end, j’ai eu envie de ressortir un petit disque “cool” plein de bonne humeur, d’entrain et de mélodies légères, et le premier truc qui m’est venu à l’esprit est un disque des Fountains Of Wayne. C’est tout con, mais çà m’a donné la pêche et le sourire, donc j’ai envie de vous faire partager çà .
Les Foutnains of Wayne sont des New Yorkais qui ont décidés de faire de la pop (çà change des groupes en Ze). Ils existent depuis 1996 et ont sorti 3 albums simples et directs, à la croisée de Weezer et de la brit pop. Les morceaux proposés sont issus de leur deuxieme LP intitulé Utopia Parkway.
It must be summer
Denise
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