11/24/2008
A l’époque (1995), les Flaming Lips n’étaient pas encore le groupe reconnu qu’il est aujourd’hui. Tout juste étaient-ils reconnus de manière confidentielle (merci “She don’t use Jelly”). Mais à l’époque, Wayne Coyne savait déjà très distinctement là ou il voulait aller. Quitter la musique noisy pour atteindre un style unique fait de bidouillages, de mélodies en apesanteur et de textes barrés vaguement babacool, soit une incarnation très réussie de prog pop psyché.
D’où cet album, à la croisée du passé bruitiste du groupe et des divaguations planantes des albums suivants, sorte de matrice du merveilleux The Soft Bulletin.
On y retrouve donc ce sens de la mélodie à tiroir qui fait mouche, des paroles bien barrées (faut oser appeler ses chansons “Psychiatric Explorations of the Fetus With Needles” ou “Guy Who Got a Headache and Accidentally Saves the World”) et un sens de l’orchestration limite je m’en foutiste mais en fait super travaillé. Sauf qu’en lieu et place des mellotrons et autres synthés utilisés par la suite, nous avons droit à des pianos faméliques et des guitares, acoustiques parfois, en son clair de temps en temps, mais saturées le plus souvent :)
Personnellement, c’est l’album qui m’a fait découvrir ce groupe, et je le porte dans mon coeur depuis cette date. Un grand disque. La preuve avec Lightning Strikes The Postman, extrait du jour.

Flaming Lips - Lightning Strikes The Postman:
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10/29/2007
Il y a dans la pop de vrais barjes qui tentent les rencontres les plus improbables. Prenez Dan Snaith, alias Caribou. Ce mathematicien a décidé de se faire telescoper la luxuriance presque baroque de la pop psychedelique de la fin des 60’s à la lente secousse techtonique qui secoue le krautrock, en saupoudrant le tout d’ electronica bon teint.
Ce qui donne Andorra, un album empruntant autant aux Beach Boys qu’à BJM ou Can. Les morceaux deviennent à la fois totalement immediat et complêtement cerebraux, coincés entre rêve et réalité. Le titre Melody Day en est le parfait exemple : une ambiance tendue mais fluide, un calme traversé par moment de grandes deflagrations rythmiques, une (de) mélodie(s) à tomber et des voix murmurées superposées jusqu’au vertige.
She’s the one, est quant à elle une petite ballade sous acide, à la fois délicate, lumineuse, claustrophobe et schizo.
Un album à découvrir, donc achetez-le !

Caribou - She's the one:
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2/1/2006
J’aurais du vous parler de cet album avant celui d’Elbow. Car il s’agit sans conteste de mon album de l’année 2005. Mais j’avoue que je ne savais pas trop par où commencer… et je ne le sais toujours pas à vrai dire.
Aerial est un album double, en plus d’etre un double album. Kate reprend le concept de Hounds of love (une face “chansons simples”, une autre “concept”) mais l’étend sur deux galettes, ayant accumulé assez de titres durant ces douze ans d’absence.
A Sea of Honey, le premier disque, est une collection de chansons très disparates mais s’enchainant à la perfection. De l’ode impressionniste aux mathématiques de Pi, en passant par la contemplation pianistique des machines à laver ou encore le fantome groovy d’Elvis et de Citizen Kane, Kate nous propose 7 titres d’une grande originalité mais très accessibles.
A Sky of Honey quant à lui nous propose un voyage en 9 tableaux le long d’une journée normale, à écouter le vent, les oiseaux, à regarder un homme peindre, et à contempler le changement de lumière. Bref, un voyage onirique ou il faut se laisser porter. Ce voyage necessite une certaine adaptation, mais surtout une attention de tous les instants, Kate travaillant la texture sonore comme un peintre joue de ses couleurs : par touches, par strates, par contrastes.
Apres 12 ans, Kate prouve qu’elle n’a rien perdu de son savoir faire, que se soit en terme d’écriture ou de production (une merveille), qu’elle se fout eperdument d’etre à la mode, et qu’en plus sa voix a gagné en “couleur”. Et surtout, surtout, Kate n’a plus peur du silence. Il fait dorénavant parti intégrante des compositions qu’elle laisse respirer à la maniere d’un Mark Hollis.
Album de l’année je vous dis.
Deux extraits, bien que celà me fasse mal de découper un tel album en tranche…
Pi : un titre dédié au fameux nombre, celui ci servant de refrain !
Prologue : l’entrée en matiere du deuxieme disque, une invitation au voyage.
Achetez cet album !!! (et les autres tant que vous y etes…)
11/18/2005

Aujourd’hui, direction le Bresil. Attendez… ne partez pas :)
Si l’on pense aux 60’s et � la veine pop-psychedelique, peu de gens citent Os Mutantes. Normal me direz vous, car peu de gens les connaissent - la faute � un eloignement géographique rédhibitoire. Pourtant ils n’avaient rien � envier aux Beatles ou aux autres groupes “en vue”.
S’inscrivant dans la mouvance Tropicalia (pop+rock+bossanova+contestation) avec Caetano Veloso et Gilberto Gil (dont ils reprennent des titres sur leur 1er lp), les Os Mutantes proposaient une mixture � la fois experimentale et ludique proprement inouie. Leur musique est toujours aussi fraiche 40 ans apres sa conception, car elle est unique.
Totalement oubliés pendant des années, il faudra attendre les années 1990-2000 pour qu’on reparle d’eux, grace notamment � Beck, grand fan du groupe ( dont le titre Tropicalia sur Mutations est clairement un hommage), et surtout David Byrne qui a ressorti une compilation du groupe sur son propre label (Everything Is Possible, Luaka Bop, 1999), seule manière aujourd’hui de découvrir les Mutants sans payer les disques � prix d’or.
Pour vous faire une idée, voil� les 3 premiers titres du 1er album, appelé simplement Os Mutantes.
Panis et Circenses
A Minha Menina
O Relogio
8/3/2005


Attention, OVNI.
Paru en 1969, An Electric Storm est une sorte de concept album réalisé quasi exclusivement avec des instruments electroniques : synthés, oscillateurs, générateurs de bruits…. Seules subsistent les voix, une ou deux guitares faméliques, et une batterie tantot pop, jazzy ou tribale.
Ce disque véritablement visionnaire propose deux ambiances distinctes, réparties sur chacune des deux faces.
Sur la premiere face, une succession de chansons “pop” … enfin… si on peu dire…
- Love without sound pose les bases du style. Sons electroniques, melodie chantée avec reverb et echo en pagaille, phaser, bruitage, créant un véritable film pour les oreilles.
- My game of loving, avec sa batterie en shuffle et ses voix en chapelets, se termine par une troublante séquence de “sample” de couples en plein ebats amoureux.
- Here come the fleas est une récréation charleston bourrée de bruitages � la Chapi Chapo. On est pas loin de Piere Henry ou de Michel Colombier.
- Firebird est peut etre le titre le plus “normal” de ce disque.
- Your hidden dreams, cotonneux et en apesanteur, se perd peu � peu dans un deluge de reverb/delay et un traitement original de la batterie.
Sur la deuxieme face on retrouve deux plages “énaurmes”.
- The visitations est une longue pièce de 11 minutes alternant moment de reveries ouatées et delires oppressants.
- The black mass : an electric storm in Hell est quand � elle une pièce que l’on peut qualifier de musique tribale, cauchemardesque et gavée de “bruits blancs”.
A la croisée de la pop, de la musique industrielle, de la musique concrete et du psychedelisme, cet album préfigure pas mal de courants musicaux, de la cold wave � l’electronica en passant par le krautrock. On peut ressentir son influence dans des groupes comme les Cocteau Twins ou, plus proche de nous, Archive et Broadcast.
A découvrir.
Love Without Sound
Here Comes The Fleas
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