12/7/2008
Il est parfois des concerts comme des repas entre potes. On y va, sûr de passer une bonne soirée, mais en terrain connu. Et puis, une fois arrivé sur place, on fait la connaissance de gens qu’on ne s’attendait pas à voir, mais qui s’avèrent sympathiques et qui apportent un peu la cerise sur le gâteau d’un bon moment prévisible.
C’est un peu ce qui s’est passé dernièrement lors du concert de Mercury Rev. Le groupe de Jonathan Donahue avait eu la bonne idée de programmer en première partie les jeunots de The Uglysuit. Bien leur en a pris. Ce soir là ils délivrèrent un set convaincant et firent preuve d’une gentillesse bien agréable. D’ou l’achat du disque à la fin du concert.
Ces jeunes gens originaires d’Oklahoma délivrent une pop folk teintée par moment d’accents noisy du meilleur effet. Aussi à l’aise dans la mélodie pop qui tue que dans les longues digressions instrumentales et les constructions à tiroir, les Uglysuit impressionnent su ce premier album. Bénéficiant d’une belle production, les titres s’écoutent avec grand plaisir, oscillant entre les Shins et un Mogwai gai et acoustique :), à l’image de ce “…And we became sunshine”, extrait du jour.

The Uglysuit : ...And We Became Sunshine [7:20m]:
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11/24/2008
A l’époque (1995), les Flaming Lips n’étaient pas encore le groupe reconnu qu’il est aujourd’hui. Tout juste étaient-ils reconnus de manière confidentielle (merci “She don’t use Jelly”). Mais à l’époque, Wayne Coyne savait déjà très distinctement là ou il voulait aller. Quitter la musique noisy pour atteindre un style unique fait de bidouillages, de mélodies en apesanteur et de textes barrés vaguement babacool, soit une incarnation très réussie de prog pop psyché.
D’où cet album, à la croisée du passé bruitiste du groupe et des divaguations planantes des albums suivants, sorte de matrice du merveilleux The Soft Bulletin.
On y retrouve donc ce sens de la mélodie à tiroir qui fait mouche, des paroles bien barrées (faut oser appeler ses chansons “Psychiatric Explorations of the Fetus With Needles” ou “Guy Who Got a Headache and Accidentally Saves the World”) et un sens de l’orchestration limite je m’en foutiste mais en fait super travaillé. Sauf qu’en lieu et place des mellotrons et autres synthés utilisés par la suite, nous avons droit à des pianos faméliques et des guitares, acoustiques parfois, en son clair de temps en temps, mais saturées le plus souvent :)
Personnellement, c’est l’album qui m’a fait découvrir ce groupe, et je le porte dans mon coeur depuis cette date. Un grand disque. La preuve avec Lightning Strikes The Postman, extrait du jour.

Flaming Lips - Lightning Strikes The Postman:
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10/18/2006
Jeremy Enigk etait, dans les années 90, le leader d’un groupe rock/grunge/emocore/prog(????) de Seattle nommé Sunny Day Real Estate. Ce groupe connaitra un destin très rock and roll : Enigk se barre au bout de 2 albums pour vivre sa foi, la section rythmique rejoint Dave Grohl au sein des Foo Fighters, Enigk revient dans le groupe pour 2 autres albums, le dernier ne connaissant qu’une distribution limitée dûe à l’explosion en plein vol du label sur lequel avait signé SDRE. Bref, la vie d’un groupe quoi :)
Voilà pour planter le décor. En 1996, Jeremy Enigk décide donc de sortir un album solo. Et pour tout dire, c’est plutôt un album surprenant quand on connait SDRE. En lieu et place des guitares distordues et du mattraquage rock, Jeremy Enigk décide de nous balancer sa tristesse sur fond d’orchestre et de guitares acoustiques, délivrant ainsi un album de pop baroque dépressive de toute beauté. Soit le croisement improbable de Left Banke et de Nirvana.
30 minutes de bonheur. Et dire que j’avais laissé dormir ce disque sur mon étagère depuis un bon moment…
Deux extraits : Carnival et Shade and the black hat
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9/25/2006
Pfff, et dire que je devais reprendre un rythme régulier dans les posts… mais les vacances et des petits soucis logistiques sur l’album de PolarSun m’ont un peu éloignés de ce blog.
Pour me faire pardonner, je voulais vous faire partager la joie simple que me procure cet album, véritable disque de chevet depuis de nombreuses années. Un album de pop folk acoustique, avec des envolées de violons sympas, des guitares en bois, des voix touchantes et aériennes, des mélodies poignantes, des lignes de basses souples et rondes. Bref un grand petit disque sorti en 1999 et qui n’avait pas trop fait parlé de lui.
Pourtant, cet album vaut bien un Travis qui aurait appris à varier les plaisirs ou un King of convenience qui aurait arrété le prozac, flirtant avec le XTC calme et acoustique. Pas grand chose d’autre à rajouter, si ce n’est que ce disque fait du bien, et rien que pour çà il vaut le coup.
Deux extraits : Air guitar et What i meant to say, la première etant une cool pop song plutot efficace, la seconde une ballade violonnée du meilleur effet.
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2/1/2006
J’aurais du vous parler de cet album avant celui d’Elbow. Car il s’agit sans conteste de mon album de l’année 2005. Mais j’avoue que je ne savais pas trop par où commencer… et je ne le sais toujours pas à vrai dire.
Aerial est un album double, en plus d’etre un double album. Kate reprend le concept de Hounds of love (une face “chansons simples”, une autre “concept”) mais l’étend sur deux galettes, ayant accumulé assez de titres durant ces douze ans d’absence.
A Sea of Honey, le premier disque, est une collection de chansons très disparates mais s’enchainant à la perfection. De l’ode impressionniste aux mathématiques de Pi, en passant par la contemplation pianistique des machines à laver ou encore le fantome groovy d’Elvis et de Citizen Kane, Kate nous propose 7 titres d’une grande originalité mais très accessibles.
A Sky of Honey quant à lui nous propose un voyage en 9 tableaux le long d’une journée normale, à écouter le vent, les oiseaux, à regarder un homme peindre, et à contempler le changement de lumière. Bref, un voyage onirique ou il faut se laisser porter. Ce voyage necessite une certaine adaptation, mais surtout une attention de tous les instants, Kate travaillant la texture sonore comme un peintre joue de ses couleurs : par touches, par strates, par contrastes.
Apres 12 ans, Kate prouve qu’elle n’a rien perdu de son savoir faire, que se soit en terme d’écriture ou de production (une merveille), qu’elle se fout eperdument d’etre à la mode, et qu’en plus sa voix a gagné en “couleur”. Et surtout, surtout, Kate n’a plus peur du silence. Il fait dorénavant parti intégrante des compositions qu’elle laisse respirer à la maniere d’un Mark Hollis.
Album de l’année je vous dis.
Deux extraits, bien que celà me fasse mal de découper un tel album en tranche…
Pi : un titre dédié au fameux nombre, celui ci servant de refrain !
Prologue : l’entrée en matiere du deuxieme disque, une invitation au voyage.
Achetez cet album !!! (et les autres tant que vous y etes…)
10/5/2005
Après le split des Zombies, Colin Blunstone retourne la vraie vie. Il devient agent d’assurances. Mais le succès post mortem de “Time of the season” le motive assez pour retourner en studio.
Et il a bien fait.
Entouré de ses compères Argent et White, Colin nous livre un album intemporel, un disque inespéré � classer direct parmi les chef d’oeuvres oubliés. Un disque qui vous tient chaud, vou réconforte et vous transporte. Cette pop baroque, aux arrangements soyeux et précieux entre Left Blanke et Nick Drake, sert d’écrin � la voix nimbée et chaude de Colin Blunstone qui semble chanter ces chansons rien que pour vous.
Les mots manquent pour parler de la beauté de ce disque sorti en 1971, donc place � l’écoute.
Smokey day
Let me closer to you
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6/6/2005
Réparons une injustice. Donovan ne mérite pas qu’on le réduise à un sous Bob Dylan anglais. Déjà parce que sa voix est aussi chaude et douce que celle du Bob est nazillarde et rocailleuse. Ensuite parce qu’il a su se démarquer assez vite de son « modèle » pour proposer un folk gentiment teinté de psychédelisme à l’anglaise (psychédelisme de salon de thé, ai-je pu lire ailleurs), parant ses compositions de moultes dorures et ornements : hautbois et clarinettes sur Jennifer Juniper, violoncelles sur Colours ou orchestre complet sur Lalena par exemple. Enfin, parce qu’il signa deux ou trois titres absolument indispensables : Sunshine Superman, Season of the Witch et le mega ultra tube minimaliste Mellow Yellow. Au final, Donovan s’impose comme un artiste ayant influencé pas mal la musique pop-folk, notamment Elliott Smith.
Pour découvrir Donovan, un best of s’impose, en axant principalement sur les années 1965-1972, considérées comme ses meilleures. Et vous avez le choix… Vous pouvez aussi vous faire une idée du Donovan récent avec les albums Sutras (10 ans quand meme) ou Beat Café, le petit dernier.
Hurdy Gurdy Man : un morceau de 1968 pour tordre le cou au cliché « troubadour à guitare seche » du bonhomme. Sitar, tremolo sur la voix, et John Bonham à la batterie, John Paul Jones à la basse, et Jimmy Page à la guitare… enough said.
Wear Your Love Like Heaven: petite ballade pop sophistiquée de 1969.
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